
En 1860, la municipalité de Saint-Dizier confie à l’architecte de la ville Hubert Fisbacq, la construction d’une nouvelle halle au blé, sur la place d’Armes. Sa façade de style néoclassique répond à celle de l’Hôtel de ville, construit en 1824. Grâce à un mécénat privé, l’étage de la halle au blé est réaménagé dès 1864 en salle de spectacles.
En 1906, le docteur Mougeot (maire de la ville) commande la transformation du bâtiment en théâtre à l’italienne à l’architecte parisien Émile Ferrant. 714 personnes peuvent y prendre place sur trois niveaux. Le théâtre est inauguré le 4 janvier 1908 par une pièce d’Henry Bernstein Le Bercail. Dès lors, des pièces comiques, dramatiques et lyriques sont au programme.
En 1919, des prisonniers allemands restaurent et décorent le théâtre endommagé lors de la première guerre mondiale. Un décor foisonnant de fleurs en bouquet, en frise, en couronne sur fond rose est commandé. En 1920, les années folles battent leur plein. Des spectacles de qualité sont proposés. Les comédiens de l’Odéon et du Théâtre français donnent des représentations où se pressent les Bragards. Un plancher mobile sera même commandé pour organiser des bals.
Après la construction de la salle Aragon en 1982, le théâtre est peu à peu déserté. En 2002, une commission de sécurité en ordonne la fermeture. Le 30 octobre 2007, le théâtre est incrit aux Monuments historiques. En 2008, la municipalité décide sa restauration. Elle confie le chantier à un architecte spécialisé dans les théâtres à l’italienne.
Saint-Dizier retrouve un superbe théâtre dont la configuration à l’italienne a été préservée. Les décors des années 20 ont été restitués. L’entrée est ornée de sculptures du XIXème siècle en fonte telles L’Aurore et Le Crépuscule de Mathurin Moreau. Équipé d’un matériel scénique performant et d’une fosse d’orchestre agrandie, il accueille aujourd’hui 334 spectateurs !
