L'histoire de Saint-Dizier en bref

 

Armoiries de Saint-DizierSaint-Dizier et ses vaillants Bragards

Simple bourgade proche d’une demeure seigneuriale au IXe siècle, Saint-Dizier est devenue ville fortifiée au XIIIe siècle, après sa fusion avec les villages de La Noue (Olonna) et Gigny. L’expansion de la métallurgie a transformé, au fil des siècles, cette ancienne Place Forte en cité industrielle. Les récents travaux de rénovation ont rendu à Saint-Dizier le charme des villes où il fait bon vivre. Chacun des quartiers qui la composent a cependant conservé sa propre identité, qui transparaît au gré des promenades. Tout a commencé il y a très longtemps…

 

Les Dampierre, Fondateurs du château et de la ville castrale

L’histoire de Saint-Dizier en tant que localité commence à l’époque de la féodalité grâce à la famille de Dampierre sur Aube, originaire de Moëslains. Le seigneur Gui II de Dampierre, proche du roi de France Philippe Auguste, choisit d’implanter son domaine au confluent des rivières Marne et Ornel. C’est là qu’il fait édifier son château (actuelle sous-préfecture) et l’église Notre-Dame en 1202, autour de laquelle la ville neuve se développe progressivement. Son fils, Guillaume de Dampierre établit en 1228 la célèbre charte d’affranchissement qui fixe les droits et les devoirs de chacun. Ce texte encore visible à l’hôtel de Ville, permet de renforcer et d’entretenir les systèmes de défense du château et de la ville. Cette enceinte en pierre flanquée de tours, une création typique du premier tiers du XIIIe siècle, affirme la puissance territoriale des seigneurs de Dampierre, connétables de Champagne.

Château vue panoramique

 

Saint-Dizier, Place Forte Royale

Le passage de la seigneurie de Saint-Dizier de la famille des de Dampierre à celle des de Vergy au début du XVe siècle a un impact sur l’architecture du château avec de nombreux travaux de réparation. Toutefois dès 1488, le roi Charles VIII réunit la Seigneurie de Saint-Dizier à la couronne de France. Par sa position stratégique, à la limite des royaumes de France et face à la Lorraine, Saint-Dizier devient une Place Forte Royale, ceinte de remparts et de fossés inondables. Le château est ainsi le lieu de résidence du gouverneur militaire et d’une partie des troupes, les soldats pour la plupart sont logés chez l’habitant. Dès cette époque et surtout au XVIe siècle, les fortifications et les systèmes défensifs ont été améliorés par les ingénieurs royaux, notamment Marini. L’architecte de François 1er est à l’origine de la création des fronts bastionnés et du cavalier (*IMH) à l’extrémité sud du château.

* IMH : inscrit en tant que Monument Historique.

 

Le siège de 1544, une bataille historique

Le XVIe siècle est marqué par les confl its entre le roi François 1er et son beau-frère l’empereur Charles Quint. Durant l’été 1544, les armées du Saint-Empire romain germanique décident d’envahir Saint-Dizier, ville frontière du Royaume de France. Près de 42 000 soldats font face aux troupes de la ville et aux habitants, représentant à peine 4 500 hommes. Toutefois les assaillants, de différentes nationalités sont mal coordonnés et mal soutenus, l’assaut est ainsi repoussé pendant plus d’un mois par les défenseurs avec de lourdes pertes de part et d’autre. Cette résistance permet à la France de se ressaisir et de sauver Paris. C’est ainsi que François Ier, en reconnaissance à la cité, permet à cette dernière de porter ses propres armes : « d’azur au château sommé de trois tours d’argent maçonnées de sable », avec cette devise « Regnum sustinent ».


Siège de 1544 - Desvarreux

Le siège de 1544

Siège de 1544 panoramique
 
 
Monument place Aristide Briand
 
Le saviez-vous ? Les habitants de Saint-Dizier s’appellent les Bragards. La tradition populaire voudrait que ce nom vienne de François 1er qui se serait exclamé « Ah, les braves gars » en apprenant la résistance de la ville en 1544. Il est plus probable que son étymologie vienne de la brague, sorte de mât disposé sur les bateaux marnois ou les trains de bois assemblés à Saint-Dizier.
 
 

Saint-Dizier, ville stratégique

Place fortifiée sur les rives de Champagne et de Lorraine, Saint-Dizier est depuis ses origines une ville stratégique pour le royaume de France. C’est aussi une ville de défense grâce à la présence quasi-continuelle des troupes de passage et de soldats jusqu’à la mort du duc de Bar et de Lorraine Stanislas Leszczynski en 1766, date à laquelle la Lorraine est rattachée à la couronne. Le rôle de défense de la ville se voit alors restreint et lors du terrible incendie de 1775 qui ravage une grande partie de l’ancienne Place Forte Royale, Coluel l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées décide la destruction d’une partie des fortifi cations. Ce qui facilite la reconstruction de la ville et explique en partie les quelques vestiges des remparts encore visibles aujourd’hui. Peut-être faut-il voir dans l’incendie de 1775 la raison pour laquelle la révolution de 1789 n’a pas été particulièrement virulente à Saint-Dizier, les habitants étant occupés lorsqu’elle survient à reconstruire la ville. Le rôle stratégique de la ville fut également démontré au cours des opérations menées par Napoléon durant la Campagne de France de 1814. L’Empereur qui séjourna à l’actuel n° 60 de la rue Dr-Mougeot sortit vainqueur à Saint-Dizier et pour la dernière fois avant la campagne de Belgique en 1815.


Campagne de France de Napoléon

La Campagne de France de 1814

 
 
Le saviez-vous ? Durant la Révolution Française toute ville dont le nom faisait référence à la religion devait être rebaptisée. Ainsi pendant quelques années Saint-Dizier prit le nom de « Belle forêt sur Marne » illustrant l’environnement local.
 
 

Saint-Dizier d’hier à aujourd’hui

L’histoire contemporaine de Saint-Dizier est marquée dès la fin du XIXe et au cours du XXe siècle par un important développement économique, social et culturel dû particulièrement à l’essor de la métallurgie locale et à l’implication des notables dans la vie politique. Ces personnalités locales, Maîtres de forge, industriels pour la plupart, appliquent les grands principes républicains à Saint-Dizier tant sur le plan social et culturel (scolarité gratuite laïque et obligatoire, construction du théâtre en 1906 et de l’hôpital en 1911…) que sur le plan économique (construction du canal de la Marne à la Saône puis du chemin de fer pour faciliter le transport des matières premières aux industriels…).

 
 
Le saviez-vous ? Au XIXe siècle c’est à Saint-Dizier que le cours du fer est fixé pour toute la France.
 
 

L’industrialisation et le développement économique d’après guerre provoquent une croissance démographique si importante que M. Edgard Pisani, préfet de la Haute-Marne dès 1947, déclare que « le seul moyen d’étendre Saint-Dizier c’est de faire Saint-Dizier au Vert-Bois » (terrain situé au nord-est de la ville). Ainsi naît le quartier du Vert-Bois au début des années 50 ou Saint-Dizier le neuf, premier ensemble d’habitat collectif de France.

 

L’aviation à Saint-Dizier : de l’avion Farman au Rafale

Le RafaleEn 1910 un avion Farman atterrit près de la ferme Notre-Dame. Cet événement marque les Bragards qui créent peu de temps après le Comité Bragard d’Aviation Militaire à l’origine de la construction du terrain d’aviation Robinson en 1913. L’aviation locale se développe peu à peu avec l’organisation de meetings aériens. Pendant les conflits mondiaux, le terrain sert de base pour recevoir les escadrilles qui restent à une distance raisonnable des champs de bataille. Après guerre le terrain est choisi pour devenir dès 1951 la BA 113. Le colonel Gavoille commandant la base, propose le nom de son ami Antoine de Saint-Exupéry. Celui-ci a d’ailleurs séjourné dans la région et effectué plusieurs missions jusqu’en avril 1940. La base aérienne 113 Saint-Exupéry accueille la 7e escadre de chasse jusqu’en 1966 puis dès 1973 l’AN52, une escadre à vocation nucléaire tactique et conventionnelle équipée du Jaguar, qui prend fin en 2004. Aujourd’hui la BA 113 est la seule base en France à accueillir le Rafale, dernier fleuron de la technologie aéronautique.

 

Art et Patrimoine

Maison parcolletEn 1775, un terrible incendie détruit une grande partie de cette ancienne Place Forte, aujourd’hui le coeur de la ville. Les maisons à pans de bois, place Émile-Mauguet, ont été épargnées et témoignent de l’architecture locale. Parmi elles, la maison dite « Parcollet », classée du XVIe siècle. À proximité, l’église Notre-Dame, construite en 1202, a été ravagée par les flammes. Les seuls vestiges de l’édifice du XIIIe siècle encore visibles aujourd’hui sont la tour, le portail et la chapelle du Sépulcre. Celle-ci héberge une remarquable mise au tombeau datant du XVIe siècle. Le buffet d’orgue a été perfectionné par Aristide Cavaillé-Coll en 1862 et inauguré le 23 novembre de la même année par Camille Saint-Saëns. La place Aristide-Briand, édifiée sur le remblai de l’ancien fossé de défense de la ville, est dominée par deux bâtiments qui se font face : l’Hôtel de Ville, érigé en 1825, et l’ancienne Halle au blé, datant de 1862, transformée en théâtre en 1906.

 

Le Musée de Saint-Dizier

Fondé à la fin du XIXe siècle, le musée est installé dans un ancien hôtel particulier, dominant le square Churchill. Après d’importants travaux de rénovation, le musée bragard vous accueillera courant 2009 dans un cadre coloré et ludique, à la découverte de collections inédites. Aux côtés de deux étonnantes figures emblématiques du musée, la momie précolombienne et le grand dinosaure (iguanodon), vous partirez à la rencontre de merveilles archéologiques, de curiosités historiques, de magnifiques oiseaux, enfin d’oeuvres d’art en fonte, notamment celles du célèbre architecte Hector Guimard (fi gure de l’Art Nouveau en France). Labellisé « Musée de France », le nouveau musée bragard s’affirme comme un lieu culturel majeur en Champagne-Ardenne.