L'architecture à pans de bois
« La maison à pans de bois, dite aussi maison à colombages, est construite couramment jusqu’à la Première Guerre Mondiale et les plus anciennes remontent à la première moitié du XVIè siècle. La présence d’importantes forêts de chênes orienta naturellement vers la construction à pans de bois. Le chêne en constitue la solide armature. Le sol argileux permit la fabrication du torchis : mélange de glaise, de paille, de chaux et de crottin de cheval. Les tuiles et les briques nécessaires à la production étaient fabriquées sur place. La rareté des carrières justifiait un emploi mesuré de la pierre, réservée pour les fondations ou de rares murs d’allège ».
Extrait inspiré de J.Viart, « Maisons à pans de bois », Folklore de Champagne, n°42, 1974.
La Maison « Parcollet »
N°17 rue Catel
Le n° 17, à l’angle de la rue Catel et de la rue Emile-Giros, est plus connue et plus pittoresque que la Maison de Rozières. Elle possède en effet les caractéristiques de ces vieilles demeures du Moyen-Âge que l’on retrouve dans beaucoup de villes françaises, notamment en Normandie ; c’est la raison pour laquelle le Ministre des Beaux-Arts, par un arrêté du 17 août 1945, a classé parmi les monuments historiques, la maison dite PARCOLLET à cause sans doute d’un de ses propriétaires anciens « pour ce qui est de ses façades et toitures ».
Ce qui la caractérise, c’est d’abord ses murs en colombage faits de boue de route mélangée à de la paille et tassée entre les pièces de bois verticales et croisées ; cette technique, si employée dans la région est due à l’absence de pierre. C’est ensuite ses étages dits « en encorbellement », celui du haut avançant sur celui de dessous, maintenus par des poutrelles en saillies formant modillons ; enfin son toit aigu surplombant notablement les façades de manière à abriter une galerie qui règne au-dessous de l’étage et soutenu dans son avancée par une charpente apparente. Le poteau d’angle porte encore un dais destiné sans doute à protéger une statue depuis longtemps disparue.
Elle fut certainement construite au XVI° siècle, mais il est impossible d’en préciser la date.

N° 31 Place Emile-Mauguet
L’extrémité des poutres à l’horizontale reposent dans une gueule de Salamandre et sont soutenues par des poutrelles qui forment modillons. Celles du haut sont décorées d’une série d’entailles verticales régulièrement espacées entre lesquelles sont intercalées deux par deux les lettres du nom des propriétaires d’alors : Catherine Percon, Pierre François, Nicole François. Sur la poutre du premier étage on lit Charles François 1591.
Selon une tradition, c’est dans la maison occupant alors cet emplacement, qu’au moment du siège de 1544, fut tué le 13 juillet par un boulet le Capitaine Lalande « en prenant chemise blanche » dit Brantôme.
La Maison « de Rozières »
N° 4 Place Emile-Mauguet
Comme les maisons qui entourent la place Emile-Mauguet ont échappé à l’incendie de 1775, elles donnent à ce quartier de la ville une idée de son aspect d’autrefois.
L’une des plus remarquables est celle que porte le n°4, appelée Maison de Rozières, nom du propriétaire qui fit construire cette maison en 1571. C’est en tout cas, la plus ancienne dont la date de construction soit connue. Sa façade et sa charpente sont en bois de marronnier, essence fréquemment utilisée autrefois à cause de sa propriété d’éloigner les araignées. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont séparés par une poutre horizontale en saillies soutenue par des modillons et qui, à chaque extrémité, repose dans la gueule d’une salamandre. Cet animal était en effet très en usage, sous la Renaissance, et figure dans les armes de François 1er.

Sur cette même poutre, on lit le distique latin :
« STET DOMUS HAEC DONEC FLUCTUS FORMIOS MARINOS
EBIBAT ET TOTIUS TESTUDE PERAMBULET ORBEM ».
« QUE CETTE MAISON RESTE DEBOUT JUSQU'A CE QU’UNE FOURMI AIT
BU LA DERNIERE GOUTTE D’EAU DE LA MER, ET QU’UNE TORTUE AIT
FAIT LE TOUR DU MONDE »
Et les mots suivants y sont ajoutés :
« Hector de Rozières suis laboribus sedificandam fecit 1571. 13 SEPTEMBRE ».
A noter que ces vers latins manquent d’originalité ; on les retrouve à Bar le Duc au Collège Gilles-de-Trèves et certains se souviendront de les avoir lus à Tignes, avant que le village ne soit recouvert par le lac artificiel. En 1769, les anciens Bragards, déposèrent dans les fondations du presbytère de Notre-Dame, une plaque de plomb sur laquelle ils étaient gravés.
La poutre qui sépare le premier étage du grenier, est de même architecture que la précédente et elle porte comme inscription ces mots : cri de ralliement de la ligue :
« UNG Dieu, UNG Roy, UNE Foy, UNE Loy ».