02/02/2012

Gigny, de 1960 à nos jours

Au fil des années, Gigny a changé de visage. Hier, quartier composé de ruelles enchevêtrées, puis espace routier, le secteur est devenu, aujourd’hui, une place commerciale, véritable lieu de vie. Histoire du développement urbanistique d’un quartier organisé autour de son église.

GignyA la fin des années 60, début 1970, Saint-Dizier compte un peu plus de 40000 habitants. La circulation est croissante et il devient difficile de circuler dans le quartier de Gigny, tant les rues se coupent à angle droit et sans visibilité. Les possibilités de stationner sont quasi nulles avec pour impact des commerces peu fréquentés. L’habitat est dégradé et une restructuration permettrait de promouvoir une tendance à l’habitat « moderne ». Le 3 juin 1960, le Conseil municipal adopte le principe de la rénovation des ilots urbains défectueux, dont le quartier de Gigny fait partie. En 1966,  l’architecte André Croizé (architecte du projet de la cité nouvelle du Vert-Bois lancé le 17 novembre 1950) est choisi. La décision de construire un nouvel ensemble immobilier, communément appelé la couronne de Gigny, intervient en 1971. Le premier appartement témoin est inauguré en novembre 1972, en même temps que la fin de la construction de la première aile de la couronne.

Un quartier autour d’une église

GignyLe devenir de l’église de Gigny, l’église Saint-Martin fait débat. En 1972, la municipalité étudie la possibilité de la démolir. Mais les Bragards y sont attachés et une controverse nait sur l’opportunité de démolir ou de conserver l’édifice. Dès 1972, la Société des Amis des Arts et la Société des Lettres formulent des vœux en faveur de la sauvegarde de l’église. Pour y mettre fin, le 1er juillet 1974, le porche et le tympan de l’église de Gigny sont inscrit au registre annexe des Monuments Historiques.

La municipalité étudie alors, la possibilité d’aménager les abords. Trois projets sont soumis au choix des élus.  GignyLe projet retenu fait appel au minéral et au végétal ainsi qu’au jeu de l’eau dans une fontaine de vasques étagées mais seule une partie du projet est réalisée. Il tient également fortement compte du maintien du culte dans l’église. Un rond point est réalisé dès 1974. Le 30 avril 1975, le conseil municipal décide d’aménager les abords de l’église de Gigny en créant un dégagement de l’église des immeubles vétustes qui l’enserrent, en créant de deux passages souterrains, des toilettes publiques, des plantations d’arbustes verts et d’arbustes à fleurs, de l’éclairage, de mobilier urbain (bancs, corbeilles, bacs à sable), du pavage. Un avis favorable est émis par l’Architecte des Bâtiments de France, le 03 juillet 1975. La réception des travaux a lieu le 2 mars 1978, pour un montant de 649 859,04 Francs.

GignyEn 2010, la place du Général de Gaulle connait à nouveau une transformation avec son projet de requalification dessiné par Jean-Paul Deschamps. Le projet consiste à transformer un espace routier devenu dangereux, en une véritable place, urbaine, commerciale et sûre. Après plus d’un an et demi de travaux, le nouvel aménagement redonne au quartier de Gigny la place qu’il occupait dans la ville et revalorise son patrimoine. Le coût de l’opération s’élève à 3 696 707 € HT.



Les affres d’une église

L’église primitive de Gigny, datant de 1196, a été détruite lors du siège de 1544, et rebâtie à la hâte en bois puis par la suite en pierre.  GignyLe clocher a, quant à lui, été construit en 1750. Le 17 juillet 1792, l’église de Gigny est rattachée à la paroisse de Notre-Dame. La ville compte alors 6022 habitants. Durant les guerres de l’An II, l’église devient un atelier de fabrication du salpêtre, produit servant aux fabriques de poudre. En 1801, la paroisse de Gigny est officiellement supprimée et fusionne avec celle de Notre-Dame. En 1814, pendant la campagne de France menée par Napoléon 1er, l’église devient un hôpital. En 1822, grâce à la duchesse d’Angoulême, le culte y est rétabli. En 1823, des voutes sont créées au chœur et aux chapelles en 1823. En 1853, Gigny est rétablie en paroisse. Jusqu’en 1862, de nombreux travaux sont entrepris construction des voutes des trois nefs, pose des vitraux, construction des quatre chapelles latérales et de la grande chapelle absidiale. Le clocher est supprimé en 1870.